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26 Pinel, « Conversation de fin de rêve, 2006, Olympic Disk. On a tôt fait d’oublier l’importance de l’onomastique dans la chronique musicale et je nous propose aujourd’hui de réparer ce manque. Nous exercerons notre fibre et notre amour de la science des noms propres sur le groupe 26 Pinel qui, justement, vient de sortir un nouvel album absolument divin : « Conversation de fin de rêve ». Contrairement à la légende qui voudrait que son nom vienne tout bêtement du numéro 26 de la rue Pinel, 26 Pinel trouve son origine dans le mot latin « pinus », signifiant pin ou forêt de pins : forêt entre toutes la plus propice aux fées et au jogging matinal. Mais, marque d’une infaillible modestie propre aux 5 pineliens*, l’ajout du suffixe –ellus à l’occasion de la création du groupe, donna à ce mot la valeur d’un diminutif : « petit pin ». Il nous faut donc en revenir à l’adjectif numéral cardinal 26 qui n’est en fait que le nombre de bonnes raisons de s’intéresser à ce groupe. Outre des antécédents illustres comme Cornelius Pinus, peintre du temps de Vespasien, ou le docteur Pinel qui réforma au XIXe siècle les méthodes barbares appliquées au traitement des fous, le 26 Pinel c’est des mélodies estivales même en saison de grand froid, des musiciens lunaires qui n’oublient presque jamais de monter sur scène, une fée insolente batifolant en justaucorps gym tonic très très moulant, un album limbique à cheval entre le sommeil et la sonnerie du réveil, d’obscures histoires d’aliénées suicidaires à tendance orléaniste, des discussions de gouttes d’eau sur la métempsychoses et puis moult autres qualités qu’il m’embête de continuer à énumérer ainsi de peur d’entraîner certaines jalousies mal placées… A bon entendeur, salut ! *Le substantif supporte en effet quelques déclinaisons : « pineliens », « la pinelation » vulg., « pinel-up », « pinécilline »… Il peut aussi s’adjectiviser en ‘‘pinelissime’’ : « c’est une personne pinelissime ! » : qui se dit d’un être exceptionnellement sympathique et talentueux. Anne-Laure Albessard
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